Luis EL DUENDE

GUITARISTE IMPROVISATEUR

Si Luis EL DUENDE joue en concert de nombreuses pièces du répertoire classique baroque et romantique, il a une préférence pour quelques très grands compositeurs, dont il a particulièrement approfondi l’abord des œuvres, arrangeant lui-même pour guitare celles non destinées initialement à l’instrument hexacorde .

Musique classique baroque

- John DOWLAND (1563-1626)

Ce célèbre compositeur luthiste anglo-saxon de la Renaissance, représentant le plus illustre de la grande période de musique anglaise dite élisabéthaine (du nom de la reine Élisabeth 1ère d’Angleterre), est l’auteur de nombreuses compositions pour luth, qu’il a repris souvent comme airs pour voix et luth ou ensembles (consorts) de violes.

Une partie de ceux-ci figure dans son fameux First Booke of Songs or Ayres (1597), qui fascina soudain le chanteur pop STING, au point qu’il le reprit en 2006 associé à un luthiste dans son CD « The Songs of Labyrinth » : les airs à la fois sereins et nostalgiques de DOWLAND présentent souvent des mélodies obsédantes avec des accords à la progression particulière, dont émanent un pouvoir onirique et une puissance intemporelle qui se prêtent naturellement à l’écoute d‘aujourd’hui.

. Georg Friedrich HAENDEL (1685-1759)

Virtuose hors pair à l’orgue et au clavecin comme BACH, il personnifie avec lui l’apogée de la musique baroque. Son œuvre, qui présente une synthèse magistrale des traditions musicales de l’Allemagne, de l’Italie, de la France, et de l’Angleterre, a été notamment consacrée à des opéras en italien et des oratorios en anglais .

Dans ses « Suites de pièces pour le clavecin » HAENDEL atteint, dans un langage proche en permanence de l’improvisation, le summum de sa création pour le clavecin : l’air de la sarabande de la 11e suite est en particulier très connu comme musique du film « Barry Lyndon » (1975) de Stanley KUBRICK, avec un thème suivi de deux variations, s’inspirant du fameux air espagnol de « La Folia » source d’obsession pour les compositeurs au cours des siècles suivants .

- Johann Sebastian BACH (1685-1750)

BACH, ami du luthiste virtuose Silvius Léopold WEISS, s’est intéressé pendant plusieurs décades au luth. Laissant de côté la notation par tablature française en voie de désuétude avec la complexité croissante de l’instrument, il opta pour le système de notation avec deux portées comme pour un instrument à claviers. Ceci suggère, la question restant ouverte, que BACH ait composé en fait pour luth-clavecin (Lautenwerk) auquel il s’intéressait vivement, sollicité pour sa compétence d’expert en facture instrumentale. Conçu pour imiter le son du luth en étant équipé comme lui de cordes en boyau, et pour émettre des sons de sautereaux et plectres comme le clavecin, il ne reste du luth-clavecin que des descriptions écrites par l’entourage de BACH, dont l’inventaire des biens en fait état de deux exemplaires.

Pour luth (ou luth-clavecin), BACH a écrit 6 suites, dont certains passages ne semblent pas vraiment jouables sur un luth baroque : les traits rapides et aux nombreux chromatismes à la basse ne sont pas favorisés par les cordes pincées, mais par le clavier permettant autant de rapidité d’exécution à l’aiguë qu’à la basse, et l’homogénéité contrapuntique autant à la basse qu’à l’aiguë n’est pas possible au luth à cause de son emploi du pouce seul pour jouer les basses. BACH a ainsi directement écrit 4 suites, alors que 2 autres proviennent d’autres instruments : la suite pour luth no 3 en Sol mineur est une transcription de la suite pour violoncelle n°5, la suite pour luth no 4 en Mi majeur une transcription de la partita pour violon nº 3 .

Musique classique romantique

- Niccolò PAGANINI (1782-1840)

Les compositions de PAGANINI portent l’exceptionnelle marque romantique du légendaire musicien italien à la vie flamboyante et sulfureuse. Virtuose du violon et de la guitare, il a marqué à jamais le monde de la musique par ses dons et sa technique apparaissant aux contemporains comme presque magiques, et son œuvre, qui a inspiré tant de compositeurs ultérieurs, totalise une durée supérieure au double de celle de CHOPIN .

Les compositions pour guitare – environ cent cinquante pièces connues, restées non éditées du vivant de PAGANINI et découvertes seulement au début des années 80, présentent d’une part inventivité et originalité mélodique les distinguant des morceaux académiques dus aux guitaristes compositeurs italiens renommés de l’époque, d’autre part de remarquables nouveautés techniques pendant de celles parfois acrobatiques qui l’ont rendu célèbre au violon .